12 mai 2010

Samedi 15 mai : la nuit européenne des musées

Musée d’Orsay à Paris, carré d’art de Nîmes, musée des beaux-arts de Quimper, centre Pompidou de Metz, musée de l’histoire des sciences à Florence, musée de la guerre de Londres, musée national d’histoire de Moscou, musée national des arts décoratifs de Madrid... Pour découvrir différemment et gratuitement quelques-uns des 3 000 musées d’art, d’ethnographie, d’histoire ou de sciences, dans une quarantaine de pays européens, retrouvez en ligne le programme 2010 de la nuit des musées, prévue le samedi 15 mai en France et en Europe.

Consultez le programme en sélectionnant une ville ou une région et faites votre choix parmi les multiples activités : visite musicale, spectacle-mime-théâtre, poésie, projection, installation-performance, chasse au trésor, enquête, irruption de l’espace, petits et grands, visite à la lampe torche, jeux-concours, lecture-conférence, exposition, dégustations, visite guidée, illumination. Cette année, la nuit se tourne en particulier sur la diversité des langues de France, de l’alsacien au basque, du breton au créole, de l’occitan au ch’ti... Elle se place également sous le signe de la modernité en donnant la parole aux adeptes des réseaux sociaux du net et aux blogueurs passionnés d’art. Enfin, elle est aussi le point de rencontres d’autres axes de programmations liés à l’année internationale du rapprochement des cultures, à l’année France-Russie ou encore aux notions de développement durable ou au monde de l’espace avec l’Observatoire de l’espace du Centre national d’études spatiales (Cnes).

Lancée en 2005, cette manifestation culturelle a pour objectif d’inviter un large public à parcourir, sous un angle différent, les collections exposées dans les musées. Placée depuis 2006 sous le patronage du secrétaire général du Conseil de l’Europe, cette 6ème nuit se déroule également, pour la 2ème année consécutive, sous le patronage de l’Organisation des nations-unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco).

L'éruption du volcan islandais Eyjafjöll suscite l'inquiétude


L'Islande est située au milieu de l'Atlantique sur la dorsale médio-océanique, à la divergence des plaques tectoniques eurasiatique et américaine. Cette situation exceptionnelle en fait l'une des régions tectoniques les plus actives du monde avec plus de 200 volcans et 600 sources d'eaux chaudes ! Si le pays exploite cette opportunité pour produire son électricité et alimenter son réseau de chaleur, une nouvelle éruption fissurale à proximité du glacier Eyjafjallajökull inquiète les volcanologues.


Le Volcan islandais Eyjafjöll (ou Eyafjalla) situé dans le sud de l'île, à seulement 160 km au sud-est de la capitale Reykjavik est un strato-volcan composé d'une alternance de couches de cendres, de lave et de roches éjectées par les éruptions antérieures. Il est entré en éruption dans la nuit de samedi 20 mars 2010. Recouvert par l'Eyjafjallajökull, une calotte glaciaire, ce volcan culmine à 1 666 mètres d'altitude. La dernière éruption de l'Eyjafjöll remonte à 1821. Elle avait alors duré plus d'un an.


L'éruption s'est produite sur un flanc du volcan, dans le cratère Fimmvurduhals, à 1100 m d'altitude, via une fissure de 800 mètres de long : des jets de lave s'élèvent à plus de 200 mètres de hauteur, accompagnés par une activité effusive où le magma atteint une température de plus de 1000 °C. Ce type d'éruption se traduit par des épanchements de lave qui, en refroidissant, donnent des basaltes de plateau.


Afin de protéger les populations, 600 personnes demeurant entre la localité agricole de Hvolsvollur et le village de pêcheurs de Vik ont été évacuées au plus fort de l'éruption.


Les risques encourus sont multiples:

- projections de cendres et de lave pouvant affecter notamment le transport aérien
- émanations gazeuses mortelles (notamment pour le bétail qui paît)
- inondations brutales et importantes, conséquence de la fonte du glacier qui recouvre le volcan


Ce dernier risque, de loin le plus inquiétant, est un lahar : la fonte du glacier sous l'effet de la chaleur engendre une coulée de matériaux volcaniques (débris, boue). On parle alors de lahars syno-éruptifs appelés aussi lahars primaires ou lahars chauds. La formation d'un lahar suite à l'éruption du volcan Nevado del Ruiz en 1985 dans la Cordillère des Andes avait entraîné la mort de 25 000 personnes, victimes de ce phénomène. C'est pourquoi, un état d'urgence a été déclaré dans la zone, même si aucun blessé ou dégât n'est à déplorer.


Dans la nuit du 22 au 23 mars, la rencontre du magma, qui remonte de la fissure, et du glacier qui la recouvre a entraîné une explosion. Une colonne de vapeur d'eau de 7 km de haut a alors émergé dans les airs ! De plus, une dizaine de petites secousses sismiques ont été enregistrées sous le glacier Eyjafjallajökull.


Une nouvelle montagne se forme
Les épanchements de lave qui s'accumulent en jaillissant de la fissure forment une nouvelle petite montagne. Reste donc à lui trouver un nom ! Auparavant, cette tâche était la responsabilité du Comité de toponymie islandais qui a déjà nommé de nouveaux éléments du paysage comme l'île de Surtsey, engendrée par une éruption sous-marine en 1963 et Eldfell, une montagne issue des cendres de l'éruption des îles Westman en 1973.Dorènavant, le public est autorisé à faire des suggestions qui seront ensuite examinées par le National Land Survey of Iceland.


Le réveil du volcan Katla suscite l'inquiétude
Pour le moment, les volcanologues sont prudents car cette petite éruption fissurale, qui ne montre aucun signe d'affaiblissement, pourrait déclencher celle du volcan voisin, le Katla. Or, celui-ci à la réputation d'être un des volcans les plus dangereux d'Islande. Caché sous le glacier Myrdalsjökull dans le Sud de l'île, le Katla est entré pour la dernière fois en éruption en 1918. Une éruption du volcan Katla représente un risque majeur car une population relativement dense vit à ses pieds.



Tim Burton, un président fantastique


Tim Burton préside le jury du 63e Festival de Cannes du 12 au 23 mai : un choix fantastique alors qu’il vient d’être consacré chevalier des arts et lettres à Paris par Frédéric Mitterrand, et que son Alice au pays des merveille fait un carton dans tous les pays, Tim Burton est à la tête du plus grand et prestigieux festival de cinéma du monde. 2009 : l’année Burton.

Ses éternelles lunettes noires sur le nez ne dépareilleront pas dans le paysage cannois. Question : les retire-t-il dans une salle de cinéma ?

Avec une filmographie pratiquement entièrement consacrée au cinéma fantastique, Burton s’avère être le premier président du jury cannois à s’être dévoué exclusivement aux films de genre. Un genre qu’il a profondément refondu en le triturant dans tous les sens grâce à une vision très personnelle, source d’une créativité qui l’a identifié à un des réalisateurs américains les plus importants de sa génération.

Cinéphile et amoureux de la culture fantastique dans tous ses états, tant littéraire que cinématographique, d’ Edgar Poe à Godzilla, Tim Burton y introduit une bonne dose d’humour, mais aussi de nostalgie, voire de tendresse et de poésie, qui en font un formidable conteur.

Par Jacky BORNET

Le Festival de Cannes s'ouvre sans Hollywood


Le Festival s'ouvre ce mercredi soir 12 mai avec Robin des Bois, du Britannique Ridley Scott. Ce film d’aventures à grand spectacle est présenté hors compétition.

Cette année, un seul film américain brigue la Palme d'or : Fair Game, de Doug Liman, réalisateur de Mr. and Mrs. Smith. Quelques grands noms du cinéma américain graviront les marches du Palais mais leurs oeuvres seront présentées hors compétition. C'est le cas de trois films : Robin Hood, réalisé par le Britannique Ridley Scott (qui ne s'est pas déplacé), produit par les studios Universal et projeté en ouverture du festival, le même jour que sa sortie en salles ; Wall Street : Money Never Sleeps, d'Oliver Stone, et You Will Meet a Tall Dark Stranger, de Woody Allen.

Le constat apparaît d'autant plus surprenant que Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, avait réussi, depuis 2004, à faire revenir le cinéma américain sur la Croisette. Ces dernières années, celui-ci envoyait, pour chaque édition, quatre ou cinq films dans les deux sélections officielles, autant dans les autres sections. Cette année, ils ne sont que deux en "officielle" : outre Fair Game en compétition, Blue Valentine, premier film de Derek Cianfrance, est présenté dans Un certain regard.

En 2010, comme les précédentes années, plusieurs centaines de films américains ont pourtant été visionnés par l'équipe du Festival, sur un total de 1 700. Trop faibles pour être retenus ? M. Frémaux ne le dira jamais. "Parfois, il y a pléthore de films américains sélectionnables. Ce n'était pas le cas cette fois, concède-t-il toutefois. On a raté le film de Terrence Malick, avec Sean Penn et Brad Pitt, qui n'était pas prêt. Et aussi celui de Gus Van Sant, Restless, encore au travail. On aurait donc pu en avoir trois."

Selon nos informations, d'autres films ont raté l'échéance cannoise, comme The Rum Diary, de Bruce Robinson, adaptation du roman de Hunter S. Thompson, avec Johnny Depp, ou The Way Back, de Peter Weir. Julian Schnabel, Prix de la mise en scène en 2007 pour Le Scaphandre et le Papillon, aurait refusé une place hors compétition pour son film Miral, qui se déroule en 1948 dans un orphelinat de Jérusalem. Enfin, le film de Sofia Coppola, Somewhere, avec Benicio Del Toro, est déjà annoncé au programme du Festival de Venise, du 1er au 11 septembre. Est-ce un choix de la part de la réalisatrice américaine de Marie-Antoinette (2006) ? Son équipe n'a pas souhaité faire de commentaire.

Du côté du marché du film, en revanche, les Américains sont bien là. "On a 17 % de professionnels américains, comme en 2009, souligne son directeur délégué, Jérôme Paillard. Quant aux oeuvres en projet ou terminées, on comptait 934 films américains sur un total de 4 118 en 2009. On en a 930 sur 4 131 en 2010, dont 529 terminés. On est donc dans les mêmes proportions. Et ces statistiques n'incluent pas les productions des majors hollywoodiennes, qui distribuent leurs films et ne viennent pas au marché." M. Frémaux invite donc à la prudence, à "ne tirer aucune conclusion". Et d'ajouter : "J'ai le sentiment qu'on en aura beaucoup en 2011. Je sais qui est au travail et qui sera prêt."

M. Frémaux émet donc "une hypothèse" : "Il faut dix-huit mois pour faire un film. Or, il y a dix-huit mois, on était en octobre 2008, au plus fort de la crise." De fait, les chiffres montrent un recul de la production hollywoodienne. Quelque 677 longs-métrages ont été produits en 2009 contre 920 en 2005, soit une chute de 26,4 % en cinq ans, selon les statistiques de la Motion Picture Association. Autre facteur, la grève des scénaristes a décalé les calendriers de tournage et ralenti la production. Cannes ne serait donc confronté qu'à un simple trou d'air.

Les vétérans du secteur font une analyse plus sévère. "Les studios ont abandonné le genre de cinéma qui convenait bien au Festival de Cannes, pour se concentrer sur les blockbusters et les suites de films à succès", regrette amèrement Michael Barker, de Sony Pictures Classics, qui emmène trois films à Cannes : le documentaire sur la crise économique Inside Job, de Charles Ferguson, présenté en séance spéciale, le Woody Allen, et Tamara Drewe de l'Anglais Stephen Frears, lui aussi hors compétition.

Mais Sony Pictures Classics est une des rares divisions indépendantes à survivre. Car la plupart se sont écroulées aux Etats-Unis : Warner Independent Pictures et Paramount Vantage ont fermé, Miramax et MGM sont en vente, New Line a été réintégré par le groupe Time Warner. Or, ce sont ces structures qui inventaient des films d'auteur pour un public plutôt large.

L'histoire des frères Weinstein est exemplaire : en 1992, le premier film de Quentin Tarantino, Reservoir Dogs, produit par leur société Miramax, figurait dans la sélection cannoise au milieu d'une dizaine de films américains dont The Player, de Robert Altman. Cette année, la Weinstein Company retrouve la Croisette avec le film de Derek Cianfrance. Mais elle est un peu seule. "La question est, où va le cinéma américain ?, résume Mike Medavoy, qui a produit 314 films, dont Vol au-dessus d'un nid de coucou (1975), de Milos Forman, avec Jack Nicholson et Shutter Island (2010), de Martin Scorsese. Il est de plus en plus difficile de produire des films ambitieux d'un point de vue artistique, et on ne peut reprocher à personne de préférer adapter des bandes dessinées !"

En amoureux du cinéma, le producteur natif de Shanghaï se console avec ces "nouveaux mondes à découvrir", bien au-delà des Etats-Unis. Il se réjouit de la forte représentation à Cannes de l'Amérique du Sud et de l'Asie, et de l'arrivée, pour la première fois, du Tchad, avec Un Homme qui crie, de Mahamat-Saleh Haroun, et de l'Ukraine, avec Ma joie, de Sergei Loznitsa.

Alors, Cannes sans les Américains ? Alistair Banks Griffith ne veut pas y croire. Trop heureux. Son premier long métrage, Two Gates of Sleep, a été retenu par la Quinzaine des réalisateurs : "J'ai choisi de ne pas le soumettre au Festival de Sundance. C'était plus important d'être à Cannes."

Clarisse Fabre et Claudine Mulard (Los Angeles, correspondante)